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Au Robinet

Les PFAS dans l’eau du robinet

Les PFAS sont une famille de composés fluorés de synthèse. Leur liaison carbone-fluor est l’une des plus stables de la chimie organique : elle ne se rompt ni dans l’environnement, ni dans une station d’épuration classique. D’où leur surnom de polluants éternels.

Communes mesurées
25 386
sur 34 847 documentées
Moyenne nationale
0,0044
µg/L
Au-dessus de la limite
26
communes, limite 0,1 µg/L
Communes avec quantification
9 148
au moins une fois

Ce que la réglementation impose, et depuis quand

La directive européenne 2020/2184 sur l’eau destinée à la consommation humaine fixe une limite de qualité de 0,1 µg/L pour la somme de 20 PFAS. La France l’a inscrite dans son droit par l’arrêté du 30 décembre 2022, et l’a appliquée par anticipation dès le 1er janvier 2023, mais seulement sur les sites où l’administration avait déjà repéré des PFAS. Les PFAS ne sont entrés dans le contrôle sanitaire de routine qu’au 1er janvier 2026.

Ces deux dates expliquent l’état des données que vous consultez : beaucoup de communes n’ont encore aucune mesure non pas parce que la limite serait récente, mais parce que la surveillance n’était généralisée nulle part avant 2026. Le nombre d’analyses disponibles augmente vite depuis.

Une précision que la plupart des sources omettent : cette limite de 0,1 µg/L n’est pas une valeur sanitaire. L’instruction ministérielle qui encadre sa gestion la qualifie explicitement de non sanitaire. Elle sert de seuil d’action réglementaire, pas de frontière entre une eau sûre et une eau dangereuse, et les valeurs guides que l’ANSES tire des travaux toxicologiques européens sont sensiblement plus basses.

Pourquoi une somme, et pas une valeur par substance

La limite ne porte pas sur une molécule mais sur l’addition de vingt d’entre elles. Ce choix a une conséquence pratique : une eau peut contenir plusieurs PFAS à des niveaux individuellement faibles et s’approcher malgré tout de la limite. À l’inverse, un laboratoire qui rend, par exemple, « < 0,004 » sur chacune des vingt substances ne dit pas qu’il n’y en a aucune : il dit qu’aucune n’est présente au-dessus de ce qu’il sait mesurer.

Il faut en tirer une conséquence désagréable, et ce site la revendique plutôt que de la taire : une somme de PFAS est une borne basse. Les valeurs quantifiées sont additionnées, les non-quantifiées comptées pour zéro. C’est exactement ce que fait la réglementation pour la somme des vingt, et c’est ce que fait ce site, mais cela signifie que le vrai total est nécessairement supérieur ou égal à celui qui s’affiche. Sur ce jeu de données, où 91 % des analyses sont rendues « inférieures au seuil de quantification », l’écart n’a rien de théorique.

D’où viennent les PFAS d’un réseau

Trois origines dominent : les sites industriels qui en produisent ou en utilisent (chimie du fluor, traitement de surface, textiles techniques), les mousses anti-incendie fluorées employées sur les aéroports, dépôts pétroliers et terrains d’entraînement des secours, et les stations d’épuration qui concentrent ce qui leur arrive sans savoir le dégrader.

La carte nationale de ce site montre ces points de rejet un par un, avec leurs valeurs déclarées : voir les points de mesure PFAS.

Classement

Les communes où la somme des 20 PFAS est la plus élevée

Les communes où la somme des 20 PFAS est la plus élevée PFAS (somme de 20), les 20 valeurs les plus élevées, en µg/L
Juvigny-sur-Loison (55) 3,7
Louppy-sur-Loison (55) 3,0
Villy (08) 2,099
Han-lès-Juvigny (55) 1,8
Malandry (08) 0,706
Blagny (08) 0,623
Linay (08) 0,623
Plélo (22) 0,428
Plerneuf (22) 0,428
Trémuson (22) 0,428
Remoiville (55) 0,21
Châteauneuf-du-Faou (29) 0,1413
Collorec (29) 0,1413
Loqueffret (29) 0,1413
Plonévez-du-Faou (29) 0,1413
Areines (41) 0,14
Meslay (41) 0,14
Saint-Ouen (41) 0,14
Vendôme (41) 0,14
Rambouillet (78) 0,134

Dernière valeur connue par commune, tous réseaux confondus, sur les prélèvements depuis 2024 et jusqu’au 30 juin 2026.

Questions

Ce qu’on nous demande le plus souvent

Faut-il arrêter de boire l’eau du robinet si des PFAS sont quantifiés ?

La limite réglementaire de 0,1 µg/L porte sur la somme de vingt substances. En dessous, l’eau reste conforme et sa distribution n’est pas restreinte. Au-dessus, c’est l’agence régionale de santé qui se prononce sur les usages, en fonction du niveau et de la durée du dépassement. Ce site affiche la valeur et le seuil ; il ne délivre pas d’avis sanitaire.

Faire bouillir l’eau élimine-t-il les PFAS ?

Non. L’ébullition détruit des micro-organismes, pas des composés fluorés stables. Elle réduit le volume d’eau par évaporation, donc concentre ce qui reste.

Une carafe filtrante suffit-elle ?

Les autorités sanitaires ne la recommandent pas pour cet usage, au motif que son efficacité sur les PFAS reste à démontrer. Les procédés dont l’efficacité est établie sont l’osmose inverse, la nanofiltration, les résines échangeuses d’ions et le charbon actif, ce dernier nettement mieux sur les chaînes longues que sur les chaînes courtes. À l’inverse, les traitements classiques d’une usine de potabilisation, coagulation, décantation, filtration sur sable et chloration, sont sans effet sur les PFAS.

Vérifier chez soi

Toutes les valeurs de cette page proviennent du contrôle sanitaire officiel. La fiche de votre commune donne le détail, l’évolution et les points de mesure alentour.

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Sources

Source des mesures : contrôle sanitaire de l’eau distribuée, publié en données ouvertes par le ministère chargé de la santé (SISE-Eaux). Pour l’information officielle sur l’eau du robinet et la conduite à tenir en cas d’alerte, voir la page du ministère et votre agence régionale de santé.